Ou quand la musique contemporaine voyage à travers les siècles

Montréal, le 28 avril 2016 – La Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) présente, pour un soir seulement, le 16 mai prochain à l’Usine C, l’opéra parlé intitulé Le petit livre des Ravalet. Pour clore sa saison et dans le cadre de l’année hommage au compositeur John Rea, la SMCQ réunit les metteurs en scène Denis Marleau et Stéphanie Jasmin de la compagnie de création UBU, les chevronnés instrumentistes de musique ancienne de l’ensemble Plaisirs du clavecin et le chef Walter Boudreau pour présenter le récit tragique de Marguerite-Madeleine et Julien de Ravalet.

Faire dialoguer comédiens et instruments anciens
Prenant la forme d’un opéra parlé en un acte sur un texte de Mignolet Brochocka, le livret relate une véridique histoire d’amour se déroulant à la Renaissance entre un frère et une sœur qui connaîtront un sort tragique. Protagonistes d’un amour interdit, ils sont devenus les icônes mythiques inspirant nombre d’artistes depuis. John Rea en a tiré une œuvre destinée à la radio pour instruments anciens, trame sonore, chanteurs et comédiens (créée à Radio-Canada en 1983). Le compositeur célébré par la SMCQ cette année, nous fait ainsi voyager dans ce récit de façon singulière et fascinante, par les textures et les sonorités des instruments anciens tout en contraste avec le bruissement des rumeurs et des voix qui ravivent le drame.

De la radio à la scène
Rappelons que John Rea a déjà écrit la musique de scène de trois spectacles d’UBU soit Les trois derniers jours de Fernando Pessoa (1997), Urfaust (1999) et Catoblépas (2001). C’est maintenant au tour des metteurs en scène de se mettre au diapason d’une de ses compositions… Cet opéra parlé étant à l’origine conçu pour la radio, Denis Marleau et Stéphanie Jasmin ont choisi de faire apparaître la trace de celle-ci dans leur dispositif scénique. Assumant ainsi la narrativité du récit, ils font apparaître ses deux pôles, du micro du narrateur (Yanick Villedieu) dans son studio jusqu’au tableau rêvé des deux amants disparus. Au centre, tels des médiateurs vers l’imaginaire, deux comédiens-récitants, Rose-Maïté Erkoreka et Étienne Pilon, interpréteront les différentes voix des témoins de la tragédie, s’insérant dans les rythmes et les modulations de la musique. Les chants en échos aux récits surgiront de l’orchestre portés par les chanteuses Suzie Leblanc et Marie-Annick Béliveau. 

Un voyage aux échos sonores intemporels
Des pièces d’autres compositeurs d’hier et d’aujourd’hui complètent ce programme qui propose au public un voyage où musique contemporaine et ancienne ne cessent de s’inspirer mutuellement, de se miroiter, entremêlant rythmes et sonorités. Walter Boudreau précise d’ailleurs qu’« Il y a une affinité très forte entre les musiques ancienne et contemporaine. On entend ce lien quand on passe d’un style à l’autre. » Les musiciens des Plaisirs du clavecin et leurs instruments d’époque donnent ainsi la couleur à cette soirée décloisonnée qui culminera sur les amours impétueuses de deux amants bannis du monde.

Programme
Anonyme, Per Tropo Fede (XIVe siècle)
John Rea, Toccata Céleste (2000)
Jérôme Blais, Yiddish Dremlen Feygl Oyf Di Tsvaygn (2008)
Harry Sommers, Twelve miniatures (1963/rev.1965)
John Rea, Le petit livre des Ravalet (1983) (texte de Mignolet Brochocka)

Participants
Rose-Maïté Erkoreka et Étienne Pilon, comédiens | Yanick Villedieu, narrateur
Suzie LeBlanc et Marie-Annick Béliveau, chanteuses
Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, mise en scène
Plaisirs du clavecin | Walter Boudreau, chef

Rappel

Lundi 16 mai 2016
Usine C, 19 h

Suivi d’une discussion avec Suivi d’une discussion avec Denis Marleau, Stéphanie Jasmin, John Rea et Vincent Lauzer

1345, avenue Lalonde
Métro Beaudry

Billets : 10 $/15 $/25 $

514 521-4493 — www.smcq.qc.ca

Coproduction SMCQ/UBU, compagnie de création

À propos de la SMCQ
Fondée en 1966 à l’initiative du ministère des Affaires culturelles, la SMCQ a été la première institution du pays à se consacrer à la diffusion de la musique contemporaine. Honorant d’abord son mandat par la présentation d’une série annuelle de quelques concerts, elle a connu au fil des ans un développement remarquable en mettant sur pieds plusieurs volets d’activités, notamment pour les jeunes. Prenant à cœur sa position de doyenne en son genre, elle a su démontrer sa capacité à chapeauter des événements récurrents qui impliquent des partenariats aussi nombreux que diversifiés. Son rôle fédérateur et structurant en fait aujourd’hui un acteur marquant du milieu culturel canadien.

À propos d’UBU, compagnie de création
Fondée à Montréal en 1982, UBU compagnie de création est une structure de production à configuration libre et variable qui a pour mission de produire et diffuser les œuvres de Denis Marleau et Stéphanie Jasmin. Leurs créations offrent au public un large éventail de projets et d’événements allant de l’exploration de textes inédits ou du grand répertoire à l’opéra, et de l’installation vidéo au théâtre de l’effigie. Leur pensée non hiérarchique sur les arts vivants, leur passion pour le texte littéraire et l’histoire de l’art et leur recherche sur le jeu d’acteur constituent les fondements de leur approche scénique.

Photos disponibles à ce lien : https://app.box.com/s/f60el5j3uxww0cgkj9ne2dk4k5phave4

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